Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie Ministère délégué à l'Industrie



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5.4Par où commencer ?.


La première condition est bien entendu une VISION forte portée par le Patron de l’entreprise : le développement des NTIC est une politique strucurante «reingineering the company» (Procter & Gamble) qui doit entrainer tout son état-major «a "C-Level" management challenge» (Quaker Oats) (C-Level veut dire "au niveau du président (CEO Chief Executive Officer) et de tous les Vice-Présidents : CFO (Finance) CIO,…

5.4.1.1Start Simple ! Grow Fast ! Do It Now !


Heureusement le "ticket d'entrée" n'est pas très élevé car il est possible de démarrer par des applications modestes et, c'est le gros atout des technologies Internet, la stricte utilisation des standards permet que les différentes étapes de développement, même si elles ne suivent pas une démarche logique, puissent s'articuler sans trop de difficultés les unes aux autres.

La plupart des grandes entreprises qui ont avancé avec succès dans cette évolution préconisent, au delà de la volonté politique clairement affichée du management, de définir des projets de petite taille susceptibles d'être menés à bien dans un délai de 90 jours

un éclatement en projets « délivrables » en 90 jours sur la base de contrats : 3.600 contrat en 2002 dans la division moteur d'avion de General Electric

«global strategy, incremental approach chez TowerAutomotive,

«driven by a vision, focus on immediacy» (Quaker Oats)

… sans oublier la dimension humaine essentielle au travail en équipe : quand le projet est terminé «il est important de faire la fête» (GE) «celebrate when you win!» (Caterpillar)

Mais il faut :


  • Se rendre compte d'abord de la nature stratégique de l'évolution qui s'engage : l'informatique est secondaire. On sait que l'on sait faire (les sociétés de service compétentes ne manquent pas) et à des coûts raisonnables. Les vrais coûts sont ailleurs.

Neoglyphics www.neog.com, racheté par Renaissance Worldwide explique son succès par la pluridisciplinarité de toutes ses équipes de projet

- un conseiller en stratégie, en organisation et en gestion

- un spécialiste du design dont l'objectif n'est pas de faire de "belles" pages, mais des pages ergonomiques et rapides à charger pour le client

- un spécialiste en informatique et télécommunication

le suédois Icon Medialab n°3 européen regroupe les compétences d'ingénieurs, d'architectes, d'enseignants, de musiciens et de psychologues. De même le français Valtech regroupe conseil en stratégie, design et informatique


  • Etre modeste car la mutation potentielle est tellement profonde, et pour une large part non-prévisible, qu'il faut s'armer de beaucoup d'humilité.

Pensons seulement à "l'internet gratuit" : ce concept est arrivé en France au début du printemps 1999 et a suscité l'hilarité, puis l'incrédulité avant de déboucher sur un raz de marée d'initiative obligeant, moins de deux mois plus tard ceux qui avaient déclaré "moi, jamais, d'ailleurs c'est impossible" à revoir radicalement le modèle économique de leur métier

En Grande Bretagne AOL qui s'était jusque là fermement refusé à ce modèle, devant les parts de marché prises par les 80 opérateurs britanniques offrant ce type de service a annoncé qu'à son tour il offrirait à partir d'août 1999, un service d'accès gratuit en Grande Bretagne et en Allemagne sous la marque de sa filiale, Netscape Online (sans doute pour ne pas effaroucher ceux qui continuent à payer leur abonnement) www.aol.co.uk

De même certains fournisseurs d'accès ont "oublié" de signaler à leurs anciens clients que les tarifs avaient été divisés par deux

Il convient de démarrer simplement


  • là ou c'est le plus directement rentable bien entendu

  • mais surtout et peut-être plus encore là où il y a des personnes motivées, même si ce n'est pas l'endroit où se trouve l'enjeu majeur.

Il est préférable de pouvoir, pour cette phase d'appropriation, s'appuyer sur une dynamique interne et à l'inverse, éviter les domaines où il y a de trop forts blocages (il est tellement plus facile de paralyser une initiative que de la faire aboutir …).

Mais il est indispensable de démarrer sans plus de délai et d'investir une énergie farouche pour "tracer" la route. C'est ce que les Américains résument par ces trois interjections :



Start Simple ! Grow Fast ! Do It Now !

chacune des fonctionnalités peuvent être développées de façon autonome, les techniques Internet leur apportent la capacité d'être interopérables et inter-communicantes

la montée en puissance peut ainsi se faire de façon simple et fiable, autorisant par là-même la réalisation de projets vastes et modulaires en gardant la maîtrise de leur développement

.Et par cette pertinente remarque: "You can build on what you have" les technologies Internet sont un remarquable outil pour valoriser l'immense patrimoine d'informations bien souvent sous exploitées qui sommeillent dans des fichiers aujourd’hui inaccessibles

un exemple interessant parce que non spectaculaire mais montrant comment une entreprise artisanale peut progressivement et de façon pragmatique utiliser les multiples opportunités offertes par les outils de l'Internet (d'autres exemples recensés par le CTN de Caen www.ctn.asso.fr/Fr/Sti/internet/exemples.html

la chocolaterie "Les Marianik's" www.marianiks.com, de Honfleur (8 personnes), a intégré Internet très progressivement fin 1999 en commençant par un abonnement gratuit d'essai de 2 mois après une démonstration/sensibilisation réalisée dans l'entreprise par l'animateur NTIC de sa Chambre de Métiers

Premier usage: la messagerie qui permet de gagner du temps, de limiter les déplacements, et d'améliorer les relations avec les clients professionnels. Cela va du simple devis envoyé à un gros client (organisateur de réception, hôtel, casino…) jusqu'à l'échange de fichiers pour la chocogravure (procédé de personnalisation des chocolats à partir de photos). Internet intervient systématiquement maintenant dans la relation commerciale avec ces gros clients

Internet sert également pour la veille concurrentielle (politique de prix des concurrents avec Copernic, …).

C'est aussi un support de recherche pour les jeunes apprentis dans le cadre de leurs études.

Un seul regret : les fournisseurs et prestataires de services de l’entreprise sont peu présents sur Internet.

L'entreprise a acheté son nom de domaine et mis en ligne son site : de plus en plus de clients venant au magasin, surtout étrangers ou parisiens, disent avoir connu l'entreprise grâce à son site (un système de commande et de paiement en ligne est en cours d'intégration)

Les coûts liés au conseil et aux développements ont pour leur part été rendus moins lourds grâce à un FRAC (Fond Régional d'Aide au Conseil)

5.4.1.2Une première étape dans tous les cas : l'e-mail


Tout le monde s'accorde pour dire que la première application à développer est l'e-mail car elle est immédiatement rentable (elle se substitue aux lettres et aux fax et pour partie au téléphone), elle est utile tant à l’intérieur de l’entreprise qu’avec les clients ou les partenaires et elle est indispensable pour être considérée comme quelqu'un de civilisé hors de nos frontières.

Il permet déjà un fonctionnement en réseau entre entreprises car il permet les échanges de fichiers (plans, fichier de CAO pour machines outils, fichiers de PAO pour l'impression graphique, fichiers de placement pour machines de découpe textile, documents comptables, factures, planning, bons de commande…)

Teddy Smith, confection de sportsware à Albi, www.teddy-smith.com 131 salariés envoie à ses soustraitants marocains et tunisiens les fichiers informatiques permettant de piloter directement les machines de découpe Lectra

Avec la signature électronique il bénéficie de garantie en matière d'Intégrité, authentification, confidentialité, non répudiation ce qui permet d'échanger des contrats ayant la même valeur juridique que sur papier



Comme on dit aux USA "sans e-mail vous êtes "no where" (en quelque sorte "SDF"), vous êtes un "sans clavier"

Au-delà nous avons constaté que les entreprises s'organisent en fonction de leur culture ou de leur stratégie autour de deux approches opposées (mais qui finissent en général par converger)


5.4.1.3Une première stratégie: prudence et d'amélioration de la compétitivité, l'Intranet puis l'extranet


Commencer par développer un Intranet qui permet d'acquérir la maîtrise de l'outil, d'assurer une rentabilité immédiate en "libérant" leurs systèmes informatiques des logiciels propriétaires, et en renforçant les relations internes propices à la conduite de projets.

Au-delà de la productivité, ces Intranets ne produisent dans l'entreprise une véritable dynamique nouvelle que si chacun est véritablement invité à contribuer et à y apporter sa pierre (chez Oracle 4 000 sites web ont été créés sur l'initiative des différentes équipes, chez Schlumberger on en dénombre plus de 200).



La pathologie principale étant la "confiscation" de l'outil par des professionnels de la communication interne peu sensible aux véritables impératifs professionnels notamment pour les "nomades".

Un Intranet ne fonctionne que si les opérationnels l'utilisent vraiment pour leur travail quotidien en y créant directement l'information : en cas contraire l'Intranet apparaît comme une charge supplémentaire "à côté" de la vie réelle et le webmestre s'épuise (en général en vain) à le rendre vivant actuel et utile.



Ces entreprises s'ouvrent ensuite progressivement à l'extérieur en commençant souvent par un extranet avec leurs fournisseurs, clients et sous traitants (EDI, e-procurement, co-engineering,ou conduite de projets en partenariat) avant de se jeter dans le grand bain de l'Internet.

5.4.1.4Une logique de conquête de marchés nouveaux : le site Web et les techniques de promotion


Commencer par développer le catalogue afin de se créer des marchés nouveaux, de trouver de nouveaux partenaires ou distributeurs, tout en ne perturbant pas dans un premier temps les délicats équilibres internes de l'entreprise.

Puis progressivement par le biais de l'e-mail, création de relations avec les partenaires, sous-traitants et fournisseurs à travers un extranet

Enfin développement d'une messagerie interne et développement d'un Intranet.



Remarque : nous avons remarqué que les entreprises qui ont des filiales, même petites, à l'étranger (États-Unis ou Singapour par exemple) ont pu constater que celles-ci ont bien souvent pris, sous l'influence du climat local, une singulière longueur d'avance sur la maison mère.

Avoir l'humilité de s'inspirer de ce qu'elles ont produit peut être une bonne façon de commencer, même si elles ont eu l'outrecuidance de le faire sans demander la bénédiction du siège.



Pierre Laffitte cite le cas d'une très grande entreprise française, qui était fière d'avoir "mis" son entreprise sur le Net, mais en prenant force précautions pour que ses concurrentes ne puissent en tirer aucune information ni sur ses projets, ni sur ses capacités financières.

Il a fallu qu'un visiteur lui montre le site Web de sa filiale américaine qui publiait depuis des années toutes ces informations qu'il voulait cacher.

Vertement sermonné sur-le-champ, le Patron de la filiale ne pu que lui indiquer qu'appliquer les instructions du siège conduirait à l'effondrement du titre à la bourse...

5.4.1.5Au bout du processus une intégration de toute la chaîne: internet, extranet et Intranet


Pour tirer pleinement partie des avantages des technologies internet en terme de coût et de réactivité il convient bien entendu d'éviter toute rupture de la chaîne qui va depuis le client jusqu'à l'ordonnancement de la production en passant par les commandes aux fournisseurs et aux sous traitants

L'ensemble des données se trouve alors rassemblées dans des bases de données communes alimentées par tous les services de l'entreprises (bureau d'étude, finance, gestion, logistique, achats,…), et consultables (sous réserve, bien entendu, des autorisations d'accès) aussi bien par les clients à travers le site web, les sous-traitants et fournisseurs par l'extranet ou le personnel par l'Intranet

Cisco, Dell ou Amazon.com sont de bons exemples de ce type d'intégration dont il y a peu d'exemple aujourd'hui dans notre pays car cela implique que tous les partenaires aient atteint un minimum d'appropriation des technologies de l'internet dans leur organisation

Ce qui différencie alors web, extranets et Intranet ce sont les droits d'accès accordés à chacun tant en consultation qu'en autorisation de modification des contenus

Un "extranet" est un concept (ensemble d'informations et d'outils à droits d'accès réservé, ouvert au delà d'une seule entreprise) ce ne peut pas être un réseau d'individu au périmètre bien défini : c'est un outil de travail interentreprises aux contours nécessairement flous et évolutifs.

C'est chacun des éléments d'information constituant un extranet (base de données, outil de simulation,…) qui comporte la définition du groupe qui dispose des droits d'accès: il ya à la limite autant d'extranets (si l'on voulait définir celui-ci comme un réseau d'individus ayant accès aux mêmes information) que de dossiers!

A ce stade de développement la gestion de la sécurité et la gestion des droits d'accès devient bien entendu un point plus essentiel encore



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